Le centenaire

 

En vente chez "IVES DEVOS"

Photos Littlegun

Le centenaire

Le centenaire est l'oeuvre d'un petit artisan parisien installé  vers 1900 au n° 5 du Bd de Strasbourg à Paris 10ème. Cette arme étrange entre dans le cadre du phénomène de mode de la "Belle Epoque" ou il était de bon ton de posséder une arme de manière à se défendre contre les Apaches (bandes de malfrats parisiens venant des fortifications). Le centenaire est un coup de poing américain en fonte coulée sur lequel on a adjoint un pistolet à un coup. Il pèse 150 g pour 10 cm de long sur 7 cm de haut. Le canon lisse situé en partie supérieure est long de 7 cm environ et chambre une cartouche en calibre 6 mm à percussion annulaire, le départ du coup de feu est commandé par une détente intégrée en face avant, sous le canon. La platine est intégrée au corps du pistolet et ne comporte que 4 pièces : le chien, la queue de détente et les deux ressort l'un pour la percussion, l'autre pour la saillie de la queue de détente. Le centenaire est une arme dangereuse une fois chargée, car elle ne dispose d'aucune sûreté et le mécanisme n'est pas un modèle de fiabilité... C'est un gadget défensif et historique très rare de nos jours.

Cordialement

Michel Malherbe

Merci à "HORST HELD" pour les photos.

Un autre CENTENAIRE

Le Centenaire (par Jean-Pierre Bastié)

Il y a plus de cent ans, le premier anniversaire de la Révolution française donna l'idée à quelques artisans ingénieux de récupérer à leur compte les symboles de cet événement qui changea la face du monde. En ces temps difficiles où l'insécurité obsédait déjà les habitants des grandes cités, de nombreux armuriers avait développé des armes de poches combinées, propres à défendre les quidams contre les voyous dont les exploits défrayaient la chronique. Mais pour lutter efficacement contre les "apaches" parisiens et autres escarpes, un ingénieux bricoleur eut l'idée de combiner un pistolet et un coup-de-poing américain. Profitant du centième anniversaire de la prise de la Bastille, notre homme baptisa son arme du nom de "Centenaire". Comparé aux armes de Dolne et de Delhaxe, le "Centenaire" fait figure de parent pauvre, mais son nom aux accents patriotiques dû compenser, sur le territoire français, son manque d'effet vulnérant.

Wahl's Patent:

L'épopée des armes anciennes est jalonnée de noms d'illustres inconnus qui n'ont laissés pour trace, que leur patronyme gravé dans le métal des armes nées de leur imagination. C'est le cas de ce fameux Wahl qui signa quelques uns de ces "Centenaire" de ces simples mots: Wahl's Patent. Les archives de l'armurerie européenne ne comptent, à ce jour, que deux Wahl. Citoyens helvétiques, ayant exercés entre 1868 et 1880. Ces hommes qui signaient leurs armes : Wahl-Knechtli et Wahl & Aemmer n'ont sans doute aucun rapport avec cette étrange "pétoire".

En tant qu'arme, le pistolet a lui seul n'a rien de bien redoutable, ce n'est en fait qu'une sorte de "cycliste" à un coup. Long de 105 mm pour une hauteur de 70 mm, cet étrange pistolet pèse environ 150 grammes. Le canon lisse, foré au calibre 22, mesure 68 mm de long et peut tirer divers types de munitions, à balle, à grenaille ou à blanc. C'est un simple tube, ouvert aux deux bouts, dans lequel on à foré à l'arrière la "chambre". L'obturation est des plus sommaire puisque seule la tête du chien, bloque l'arrière de chambre au départ du coup. La platine, d’une simplicité extrême, est logée sous la plaque de recouvrement. Elle est constituée que de quatre éléments: Le chien, qui porte la gâchette; la queue de détente et les deux ressorts qui assurent, dans un même temps, l'armement du chien et l'avancée de la queue de détente en position de tir. Le pistolet fonctionne en simple action et l'éjection de l'étui est tributaire d'un outil quelconque introduit dans le canon pour repousser la douille vers l'arrière.

Les marquages:

Ils constituent l'argument de vente majeur de cette arme "commémorative". Le numéro du pistolet est gravé au dos de la plaque de recouvrement, sur le chien et sur la carcasse. La plaque qui recouvre la platine porte à la fois le nom du pistolet, la date anniversaire et l'adresse du marchand:

"LE CENTENAIRE" COUP DE POING PISTOLET Bte SGDG FRANCE - AMERIQUE 1789-1889 1789- 1889 DEPOT DE PARIS 5 Bd DE STRASBOURG

D'autres pistolets ne portent que la mention Wahl's Patent. Enfin, le pistolet en boîte présenté dans cet article porte pour tout marquage la mention:

LE CENTENAIRE

Le Coffret:

Livré dans une petite boîte de carton, fermée par un clip métallique, le "Centenaire" est déjà visible avant même d'ouvrir son écrin puisque l'étiquette qui recouvre le couvercle ne cache rien de son contenu. La boite qui mesure 170 mm de long sur 115 mm de large contient de nombreux trésors: Un pistolet, muni de son "impressionnant" coup de poing, et une grande variété de cartouches de 22 réservée à bien des usages... Le dos du couvercle reçoit pour sa part une étiquette soigneusement collée, reprenant les diverses phases de la manipulation de l'arme.

Un bien étrange pistolet:

De prime abord, le "Centenaire" ne semble pas bien redoutable. C'est sans doute son principal défaut, surtout face à un voyou déterminé tel qu'on en rencontrait dans ruelles des grandes villes à la fin du siècle dernier. Quelques uns durent pourtant faire les frais de son aspect anodin, car une balle de 22, même tirée dans le canon d'un "Centenaire" peut blesser gravement son homme à bout portant.

Il est difficile de dire aujourd'hui combien de "Centenaire" furent mis sur le marché, dans le courant des années 1880. Quelques centaines sans doute, à moins que leur prix, attractif à l'époque, ait détourné les acheteurs d'armes de défense moins clinquantes, mais de meilleure qualité. En tout état de cause, l'idée devait être assez bonne puisque quarante ans plus tard, on vit réapparaître cette arme, en laiton cette fois et affublée de l'inscription LE POILU 14-18.

Roger

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