Pétronelle
L'arme présentée - et qui a un barillet dont le corps
semble en bois - est, sauf en ce qui concerne la forme de la crosse,
pratiquement identique à une Pétronelle se trouvant actuellement au Tojhuus
Museum de Copenhague, datée de 1597 et fabriquée par un artisan de Nuremberg,
répondant au nom de Hans Stopler. Avec le fameux revolver de 1650 se trouvant à
Londres et qui comporte un mécanisme qui fait tourner le barillet quand on arme
le chien (voir Colt), une autre Pétronelle à 3 canons tournants datée de 1540 se
trouvant au Palais des Doges à Venise, et le Puckle Gun, la Pétronelle du
Tojhuus Museum est considérée comme une des toutes premières armes à répétition
ayant été produites. Pièce extrêmement intéressante.
Il me semble cependant - j'en suis presque certain - que
l'arme présentée par Guillaume est une tentative de restauration plus récente
(18ème s.) à partir des pièces métalliques originales de l'arme et d'une crosse
de mousquet de luxe plus tardive.
En effet, la crosse est anachronique par rapport aux
modèles en usage dans les années 1500. C'est une crosse à épauler et non à
appuyer sur la poitrine comme celles en usage à l'époque. La monture à bois est
désastreuse, et il manque également la longuesse, qui allait normalement
jusqu'au bout du canon.
Le pontet me semble également plus tardif. Par contre, le
reste des pièces métalliques me semblent originales.
Tout le bois devrait être incrusté d'os, d'ivoire et de
nacre, et non sculpté de volutes. En outre, je ne m'explique pas le corps de
barillet en bois. Eu égard aux pressions exercées dans les chambres, même avec
la poudre peu performante de l'époque, ceci me semble très dangereux. Je ne peux
malheureusement en dire plus, les photos de la Pétronelle de Copenhague ne me
permettant pas de voir plus de détails.
Le barillet est à tourner à la main.
En s'abattant, le chien ou le chenapan provoque à chaque
coup l'ouverture du couvre-bassinet en frappant la tête protubérante de la vis
de maintien du ressort de ce dernier.
Marcel